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Laetitia Le Corguillé, la reine du BMX

 

Depuis septembre 2009, il n’y a eu qu’une seule gagnante en Coupe du monde de BMX : Laetitia Le Corguillé. Médaillée d’argent aux Jeux Olympiques de Pékin derrière sa compatriote Anne-Caroline Chausson, la jeune bretonne (24 ans), exilée à Aix en Provence où elle s’entraîne et suit ses études, entend bien, en ce mois de juillet 2010, honorer son statut de patronne du BMX. Au niveau national, avec les championnats de France sur ses terres à Trégueux ce week-end, comme sur un plan mondial, lors des championnats du monde en Afrique du Sud à partir du 29 juillet, Laetitia est d’attaque. Interview.

Lorsque Laetitia reprend la compétition le 20 septembre 2009 ; elle relève tout juste d’une grave blessure (traumatisme crânien) occasionnée par une chute lors des championnats du monde en Australie, un mois plus tôt. Sur le circuit de Chula Vista (Californie), la Française s’impose pour la première levée de son actuel Grand Chelem en Coupe du monde : Fréjus en fin de saison 2009, puis Madrid et Copenhague cette année. N°1 mondiale !

« Je ne me mets pas la pression pour cela. Cela m’a fait plaisir de gagner quatre fois de suite, mais c’est ce mois de juillet qui compte avant tout. Il y a bien sûr les championnats du monde, où je n’ai jamais connu la réussite. Je suis tombée à chaque fois, et me suis blessée l’an dernier. J’espère vraiment que ça va marcher cette année. Et puis ce week-end, je dispute les championnats de France à 5 km de là où j’ai grandi, à Trégueux dans les côtes d’Armor. Il va y avoir plein de monde, c’est vraiment un objectif important pour moi. Je veux gagner ».

Laetitia Le Corguillé s’est révélée au grand public en montant sur le podium Olympique à Laoshan (Chine) le 22 août 2008. « C’est une étape importante de ma carrière », raconte-elle, « je n’avais que 22 ans, et cela m’a permis de grandir. J’ai appris à gérer le stress. Les Jeux nous sont un peu tombés dessus. Le BMX a été admis au programme Olympique en 2003, je ne fais donc pas partie des sportifs qui en ont rêvé depuis leur enfance. Je rêvais de devenir championne du monde. J’avais du mal à m’imaginer ce que cela représentait. En 2004, j’étais N°1 mondiale chez les juniors. L’année suivante, j’ai intégré le pôle France à Aix, mis en place spécifiquement pour la préparation Olympique. Et là encore, je ne pensais qu’aux Mondiaux. Puis ça s’est peu à peu installé. Il y a eu Pékin, et maintenant, j’ai un vécu. J’ai les Jeux en tête, souvent. J’ai le souvenir de cet énorme Village, de tous ces sportifs que je ne voyais qu’à la télévision. De notre super podium avec Anne-Caroline Chausson, l’avant-dernier jour de compétition…. »

Depuis lors, l’étudiante en psychomotricité à l’université d’Aix n’a cessé de progresser : « sur les plans psychologique, physique et technique. Nous pratiquons un sport jeune, il y a encore beaucoup de choses à découvrir. C’est la raison pour laquelle nous travaillons avec des chercheurs. Cette année, nous modifions encore nos méthodes, nous évoluons sans cesse ».

Une nouvelle forme d’équilibre

Le BMX est un sport explosif, un effort brutal, une véritable bagarre à huit de front au départ, au sol et dans les airs, d’une durée n’excédant pas 40 secondes par « run ». « J’ai besoin de progresser encore au niveau de mes départs, surtout dans les grands évènements. Il y a aussi l’aspect psychologique. L’année qui a suivi les Jeux, j’étais un peu démotivée. Alors cette saison, j’ai choisi mes compétitions. J’ai arrêté de courir partout et d’aller par monts et par vaux. J’ai établi un calendrier en fonction de mes objectifs ». Et ça marche ! Laetitia a aussi trouvé une nouvelle forme d’équilibre. « Après ma licence STAPS, je suis cette année en première année d’études en psychomotricité à l’ISRP de Marseille. Je mène les deux activités de front. Ce n’est pas facile, mais j’ai besoin de cet équilibre, je ne peux pas faire du vélo tout le temps. Et puis, je suis loin de chez moi à Aix, je vois des gens très différents. C’est important ».

Sportive complète, pratiquant aussi le tennis ou le ski en hiver, Letitia Le Corguillé se fixe des objectifs à court et à plus long terme : « Cette année, devenir championne du monde et remporter le classement général de la Coupe du monde. Au-delà, monter sur le podium aux Jeux de Londres, un minimum, car j’aimerais bien gagner aussi. Il y aura Shanaze Reade qui courra chez elle. Elle a un physique impressionnant, tout comme la néo-zélandaise Sarah Walker, mais elle a du mal à gérer la pression. Et je les ai toutes deux battues deux fois de suite. Elles sont au dessus physiquement, mais j’essaye de pallier sur un plan tactique ». L’intelligence de course, en quelques dizaines de secondes !

Fabrice Vettoretti : « Laetitia a réussi à canaliser son énergie ».

« Laetitia est passée du statut d’outsider à celui de leader du BMX français et mondial » constate l’entraîneur national Fabrice Vettoretti. « Elle a réussi à canaliser son énergie, en réalisant qu’il n’y avait pas de performance sans objectif. Elle a beaucoup progressé physiquement et a su adapter sa technique. Nous avons tout mis en place cette année pour qu’elle se libère aux championnats du monde. Si elle y réussit, cela nous fera gagner du temps pour la suite. Elle emmagasinera du capital confiance au bon moment. Il ne faudrait pas que Laetitia devienne championne du monde en 2012, il vaut mieux y arriver avant, dans la perspective des Jeux de Londres », qui restent évidemment l’objectif suprême.


 

 

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