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Pénélope Leprévost, l'esprit d'équipe

 

L’équipe de France de saut d’obstacles est en cette saison 2010 la meilleure du monde, dominant la Coupe des nations avec déjà trois victoires consécutives. Au sein des vestes bleues, la cavalière qui monte s’appelle Pénélope Leprévost, 29 ans, apparue au plus haut niveau international après les Jeux de Pékin où les Français ne s’étaient pas qualifiés. Avec deux chevaux très performants, Pénélope se sent en mesure de progresser encore vers les plus belles récompenses avec en point de mire les Jeux équestres mondiaux à Lexington (Etats-Unis) du 25 septembre au 10 octobre, porte d’accès aux Jeux Olympiques de Londres…

« L’ambiance dans l’équipe de France est superbe » dit Pénélope la normande. « Malgré les différences d’âge, tout le monde est très bien intégré, il y a une formidable solidarité. L’approche de nos programmes, le travail effectué avec les chevaux contribuent à cette réussite globale ».

Pénélope Leprévost n’a jamais douté de son destin de cavalière de haut niveau. « Dès mes six ans, mes parents m’ont mise sur un poney. J’aime passionnément les animaux. J’adore aussi la compétition. C’est naturellement que je me suis tournée vers le saut d’obstacles ». Devenue cavalière professionnelle, sa progression est rapide, jusqu’à l’intégration en équipe de France dont elle est aujourd’hui un pilier. « Incontournable » dit l’entraîneur national Laurent Elias. « Elle a disputé sa première compétition en Super-League début 2009 à La Baule. En deux ans, son parcours a été crescendo, elle a intégré le top 20 mondial si rapidement ! Ce n’est vraiment pas courant ».

La débrouille et la passion

« Ma chance, aujourd’hui, c’est de disposer de deux « chevaux de tête » très performants. Il y a Mylord Carthago qui appartient aux haras nationaux, et Topinambour qui a une propriétaire. Tout le problème est de garder les chevaux qui atteignent des prix ahurissants dès qu’ils se mettent à performer. Il nous faut trouver des montages. Nous n’avons pas de sponsor, pas d’aide à l’inverse, par exemple, des cavaliers hollandais. Pour nous, c’est beaucoup de débrouille, beaucoup de passion ».

Pénélope travaille donc du soir au matin avec ses chevaux, à Hautot sur Seine près de Rouen, concentrée sur les programmes qui permettent de les maintenir en forme, et explique qu’en cette fin juin, elle va « les mettre en vacances durant trois semaines » afin qu’ils se ressourcent avant les prochaines échéances. Le reste de son temps est consacré à sa famille et à sa fille de 6 ans, Eden.


Avec Michel Robert, qui a dit d'elle : "elle sera un jour n°1 mondiale"

Ses objectifs ? « Je ne suis pas obsédée par le classement mondial. C’est juste important de se maintenir dans les 30 meilleurs pour pouvoir participer aux plus grands concours internationaux et se confronter aux meilleurs cavaliers du monde. J’ai juste envie de durer au plus haut niveau, de pouvoir disputer les Championnats d’Europe, du monde, et bien sûr les Jeux Olympiques. Et progresser. Un cavalier ne stagne jamais. Michel Robert, notre doyen, dit lui-même qu’il apprend tout le temps ».

Le partage avant tout

2e du CSIO***** de Rotterdam le 20 juin, son résultat le plus élevé en individuel pour le moment (« gagner un 5 étoiles, ça reste à faire ! » dit-elle), Pénélope Leprévost préfère largement briller en équipe. « Car une performance, c’est beaucoup plus important de pouvoir la partager. Mon meilleur souvenir pour le moment, c’est notre victoire à Rotterdam l’année dernière. Nous étions en barrage contre les Américains. J’ai été, pour la première fois de ma vie, satisfaite de ce que j’avais fait à l’arrivée, et c’était pour l’équipe, pas pour moi mais pour tout le monde ».

« Nous assistons actuellement à l’ascension d’une génération avec plusieurs cavaliers, dont Pénélope et Kevin Staut, notre champion d’Europe. Ils sont talentueux, structurés, bien conscients des contraintes du haut niveau, les yeux rivés vers l’avenir » dit Laurent Elias.

Grâce aux résultats de début de saison, cet enchaînement de victoires, le premier objectif qui était le maintien en Super League est déjà atteint. « Cela nous permet de mettre au repos nos principaux chevaux pour arriver au top à Lexington ».

Aux Etats-Unis, un bon résultat de l’équipe de France, au plus près ou sur le podium, la qualifierait directement pour les Jeux de Londres. « J’en rêve, comme tous les cavaliers ». dit Pénélope Leprévost. « J’aimerais y participer et surtout, ne pas y être ridicule ».

La jeune femme met tous les atouts de son côté pour participer à la réussite collective d’une équipe prête à briller sur tous les terrains, et notamment en août 2012 du côté de Greenwich Park à Londres…

 

 

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