Elodie Guégan : « Le sport, une école de la vie »

A l’initiative du CIO, 29 jeunes journalistes âgés de 18 à 24 ans, originaires des cinq continents, vont participer durant les Jeux Olympiques de la Jeunesse de Singapour à un programme éducatif sur le journalisme sportif. Au cœur de l’évènement, et durant leur formation, ils seront amenés à tenir un blog et à communiquer sur Twitter dans le cadre des travaux de reportage vidéo, photo et de rédaction qu’ils réaliseront. Ces travaux seront ensuite publiés sur le site web officiel des Jeux de 2010 à Singapour afin que ceux-ci soient utilisés et repris librement par les médias du monde entier. La jeune athlète Française Elodie Guégan a été sélectionnée pour participer à cette initiative unique, qui s'inscrit dans la continuité des thèmes éducatifs et culturels des JOJ.

Elodie au centre de rééducation de Capbreton en mai 2010
Ouverte sur la vie, curieuse par nature, Elodie, 24 ans, spécialiste du 800m (elle a disputé les Jeux de Pékin en 2008) est étudiante en 3e année de sportcom à l’INSEP. Elle raconte comment elle s’est embarquée dans cette aventure. « Ma chance, si on peut parler ainsi, c’est que j’ai dû être opérée des deux tendons d’Achille, le 2 février dernier. Pas de saison pour moi, retour sur les pistes programmé en 2011. Mon professeur à l’INSEP, Gilles Van Kote, m’a demandé, au moment même où j’allais être opérée, si j’étais intéressée par ce programme ».
C’est le CNOSF, via le CIO, qui a contacté en début d’année la section sportcom de l’INSEP pour demander s’il y avait des élèves susceptibles d’être intéressés. « Elodie a fait partie des élèves auxquels j'ai immédiatement pensé, car c'est un élément remarquable, et il fallait trouver quelque chose susceptible de la motiver durant son indisponibilité sportive, une activité qui l'occuperait de façon stimulante et enrichissante » explique Gilles Van Kote. « J’étais en stage à la communication de l’INSEP, j’ai envoyé mon dossier au CIO. En avril, j’ai eu la réponse, positive. Je me suis dit non… ce n’est pas vrai ! Super ! » raconte Elodie.
« Un point commun entre le sportif et le journaliste »
Elodie s’intéresse à toutes les facettes du journalisme, et fait déjà la part des choses. « Nous venons déjà de remplir différents papiers pour indiquer ce que nous préférons comme type de média. En dehors du support, il y a pour moi deux types de pratique du métier : le journaliste d’entreprise, qui ne peut pas écrire tout ce qu’il veut, qui doit suivre une ligne politique, et qui peut aussi être la personne qui se place entre le média et l’athlète. Et il y a le journalisme pur et dur, le journalisme d’opinion, d’investigation. Je suis très intéressée par les deux exercices ».

Enquêter, comprendre, s’organiser pour relater au plus près des faits… « Il y a un point commun entre le sportif et le journaliste : la curiosité. Dans la voie que j’ai choisie, je dois apprendre à rassembler mes idées, à savoir ce que je peux dire ou ne pas dire, à trouver des angles… » Tout un programme, « mais je ne peux pas encore me consacrer pleinement à mon projet professionnel, car je suis encore dans ma carrière sportive. Quand on évolue à haut niveau, on dort, on se lève, on mange… on vit en pensant « athlé ».
En attendant de prendre la direction de Singapour, Elodie n’a pas perdu son temps : sitôt connue la liste des autres participants, elle a cherché à les contacter via facebook, et, notamment « un jeune journaliste israélien, qui a déjà couvert les Jeux Paralympiques en 2008. Depuis que je l’ai contacté, nous communiquons régulièrement ». Dans quelle langue ? « L’Anglais ! J’ai encore de gros progrès à faire. Là bas, ce sera un bel exercice. Pas deux heures par jour, non, l’immersion totale. Pas le choix. J’ai envie de devenir bilingue ». Envie aussi, de montrer une autre image de son pays auprès de ses 28 congénères. « Nous sommes plein d’idées reçues. Nous donnons l’air de porter tout le poids du monde sur nos épaules, alors que nous ne manquons de rien. J’ai l’impression que nous créons nous-mêmes nos problèmes !»
« Je veux toujours aller au bout des choses »

Et le sport dans tout ça ? « J’ai décidé de me faire opérer pour être pleinement opérationnelle à Londres en 2012. J’ai une revanche à prendre. Je suis ambitieuse, je veux toujours aller au bout des choses, alors avoir dû abandonner en ½ finale à Pékin, ce fut très dur. Je ne veux pas rester là-dessus. Je veux retrouver un niveau international, me refaire un nom sur ma distance de prédilection. Le 800m est à la fois technique et tactique, on ne fait pas que courir, il faut faire preuve d’intelligence ».
Prête à revenir plus forte sur les pistes en tartan, en passe de travailler comme jeune reporter à Singapour, Elodie Guégan sait où elle va. « Je suis très ouverte à la vie, très curieuse. J’ai toujours envie de comprendre, de me nourrir. Le sport, c’est aussi utiliser la chance qui nous est offerte de faire des rencontres, de nouer de belles relations. Ce n’est pas que courir, ce n’est pas que la performance. Il y a tout ce qu’on peut en retirer pour soi-même. Il faut le dire aux plus jeunes : quoiqu’il arrive, il faut persévérer et d’autres portes s’ouvriront. Le sport est une école de la vie, une formation permanente. Il permet de se construire ».


