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Teddy Tamgho en route vers les sommets

 

14 mars 2010, dôme « Aspire » de Doha. Teddy Tamgho occupe la 2e place du concours de triple saut des championnats du monde en salle avec un bond à 17,50m à son 5e essai (17,41m au premier, 17,24m au second et les deux suivants mordus). Le Grec Betanzos est en tête avec 17m63. Plus qu’un essai. Le Français, 20 ans, s’élance pour la tentative de la dernière chance et il s’envole, littéralement, retombant au-delà de la marque signalant le record du monde (17,83m) co-détenu par le Suédois Olsson et le Cubain Urrutia. 17,90m ! Le jeune athlète parisien entame une folle sarabande autour des tribunes. Médaille d’or et record du monde !

« J’ai ressenti une joie intense et partagée : toute l’équipe de France était derrière moi, et ma maman était dans les tribunes », raconte Teddy, « mais j’ai tout de suite senti qu’il fallait fermer les yeux et repartir au travail. Je me suis dit que je passais un cap, qu’il y avait de grandes choses à faire dans l’avenir, qu’il fallait aller de l’avant. »

Des paroles aux actes, il n’y a qu’un triple bond, et de ce côté-là, les performances de Teddy Tamgho depuis l’exploit signé au Qatar se passent de commentaires : pour le compte de son club, le CA Montreuil 93, lors des compétitions interclubs du printemps, il atterrit à 17,20m à Tremblay-en-France le 9 mai, à 17,63m (meilleure performance mondiale 2010 en plein air) à Franconville le 23 mai, et encore à 17,17m à Villa Real (Espagne) une semaine plus tard.

L’or plutôt que le record

« Ce n’étaient pas des concours ambitieux. J’étais là pour aider mon club. A ce stade de la saison, je n’étais pas à 100%, pas complètement affuté. Je peux prétendre à d’autres objectifs ». Devenir le 3e triple sauteur de l’histoire au-delà des 18m, après le britannique Jonathan Edwards (18,29m, record du monde vieux de 15 ans) et l’Américain Kenny Harrison (18,09m à Atlanta en 1996) ? « Non, je joue plutôt la carte du palmarès. Ce sont les titres qui m’intéressent. Mon premier objectif est de bien me préparer pour les championnats d’Europe (à Barcelone, du 26 juillet au 1er août), en commençant par confirmer ma sélection aux « France » (à Valence du 8 au 10 juillet). Je veux y aller étape par étape, et gagner à 17,10m, cela me suffit. On peut toujours atterrir très loin, cela ne servira à rien s’il n’y a pas de médaille derrière. Un record est fait pour être battu alors qu’un titre, c’est pour la vie. Je veux me constituer un palmarès, c’est à mon sens une démarche logique », dit le leader des bilans mondiaux 2010.

Une progression express

Cela fait seulement cinq ans que Teddy Tamgho pratique le triple saut. « J’y suis venu un peu par hasard. Gamin, je faisais de la perche. Je m’entrainais à Eaubonne. J’avais 15 ans quand j’ai rencontré Jean-Hervé Stievenart. Il m’a expliqué que j’avais des qualités de sprint, de rebond qui me prédisposaient pour le triple saut. Ca m’a tout de suite « ambiancé », raconte-t-il.


Avec Jonathan Edwards...

Il progresse vite, dispute les Mondiaux juniors 2007 où il termine au pied du podium (16,35m) et devient champion du monde de cette catégorie d’âge l’année suivante (11 juillet 2008 à Bydgoszcz) avec une performance, 17,33m qui n’est pas validée en raison du vent. Teddy finit par signer le minima olympique à Monaco le 29 juillet 2008 (17,19m) mais c’est bien trop tard pour entrer dans la sélection tricolore qui part disputer les Jeux de Pékin. La suite ? Teddy Tamgho est aujourd’hui détenteur des records de France dans trois catégories d’âge (juniors, espoirs, seniors) aussi bien en salle qu’en plein air où il domine actuellement tous les bilans mondiaux.

Décidé à atteindre les sommets, Teddy Tamgho ne se connait pas de modèle, préférant citer « le style des américains, qui courent vite et celui des Cubains qui rebondissent bien » pour ce qui est de ses influences techniques. Il sait devoir encore progresser dans tous les domaines : « le physique, la technique, les courses, les sauts, il faut tout emmener en même temps ».

Aujourd’hui, après avoir quitté Jean-Hervé Stievenart (« C’est un des meilleurs coaches du monde, mais après toutes ces années, j’ai préféré vivre une nouvelle expérience, tenter autre chose »), Teddy travaille à l’INSEP avec Laurence Billy, qui supervise ses entraînements, et se débrouille également seul. « Ca me servira pour l’avenir » dit-il. Un futur qui pourrait se résumer ainsi : « no limits » !


 

 

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