Comité national olympique et sportif français

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Yvan Mainini : « Servir le basket »

 

Yvan Mainini, président de la Fédération Française de Basketball et administrateur du CNOSF, avec le rôle de conseiller du président Denis Masseglia, a été désigné, le 15 mai à Munich, candidat européen au poste de président de la Fédération Internationale (FIBA). La place revenant cette année à notre continent, Yvan Mainini devrait accéder à la présidence. Quel est son programme ? Interview.

Vous vous préparez à accéder à la présidence de la FIBA ?
Je ne suis pas encore élu. J’ai été désigné candidat européen, et, en vertu de la règle de rotation des continents, c’est à notre tour d’occuper ce poste. Il ne s’agit pas pour moi de la désignation d’une personne, mais d’une forme de reconnaissance du travail de notre fédération, de son sérieux, de sa progression et de la façon dont elle est désormais perçue. C’est un hommage à la France et cela va dans le sens des vœux du CNOSF et du ministère de la Santé et des Sports, concernant la présence de dirigeants français dans les plus hautes instances du sport international.

Dans quelles conditions allez vous travailler ?
Le siège de la FIBA va s’installer à Mies, entre Genève et Nyon en Suisse, pas loin du siège de l’UEFA. J’ai de très bonnes relations avec Patrick Baumann, le secrétaire général de la FIBA qui est également membre du CIO. Il n’est que le troisième homme depuis 1932 à occuper ce poste à la tête de l’exécutif, son rôle est central et indépendant de la « rotation » des présidents.


Remise du trophée des as 2008 à Nando de Colo

Comment envisagez-vous votre mission ?
D’abord, servir le basket. Il faut renforcer la coopération avec FIBA-Europe, le continent moteur du basket international. Il faut créer une relation « gagnant-gagnant » avec la NBA, qui est au centre de la communication mondiale de notre sport. Il faut développer le basket en Afrique, où le potentiel est énorme mais où les terrains et les entraîneurs manquent. Les perspectives de développement sont aussi très importantes en Asie : l’Extrême-Orient (Chine, Japon, Corée, Philippines où, déjà, en 1976 étaient organisés les Mondiaux), le Moyen-Orient, qui est la plaque tournante de la région, et les pays de l’ex-bloc soviétique, où le potentiel est également très intéressant. Quand aux pays de l’Océanie, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ils souffrent de leur isolement, il faudrait peut-être les rattacher à une zone de l’Asie pour leur permettre de participer à plus de compétitions internationales.

Le Championnat du Monde souffre-t-il d’un manque d’exposition ?
Oui, il faut lui donner une autre dimension. Plus de médias, plus de moyens. De nouvelles idées ont déjà été travaillées pour le Championnat du Monde prévu en Turquie (2010) et en Espagne (2014). Le Mondial de 2002 aux Etats-Unis n’a pas rencontré le succès public espéré. Pour les Américains, il n’y a que le championnat universitaire (NCAA) et son « Final Four », et bien sûr, la saison NBA, qui dure de novembre à juin. Le reste n’existe pas. Nous avons besoin de prouver que le basket, ce n’est pas seulement la NBA. Nous devons faire des choses différentes.


Michael Jordan avec la Dream Team lors des JO 1992

Pour hisser la compétition au niveau de ce que le basket est devenu aux Jeux Olympiques ?
Il y a pour moi deux dates fondatrices pour le basket : 1891, la création de notre sport aux Etats-Unis par James Naismith, et, près de 100 ans plus tard, 1987, la signature de l’accord entre David Stern, le « commissionner » de la NBA et Borislav Stankovic, alors secrétaire général de la FIBA, qui a débouché sur la présence de la Dream Team américaine aux Jeux Olympiques de Barcelone 1992. En termes d’intérêt du public, le basketball est devenu le 2e sport aux JO après l’athlétisme, et indiscutablement le premier sport collectif. Cet évènement a fondamentalement changé la perception du public mondial pour notre sport.

Les plus grands joueurs sont présents aux JO, cela semble plus difficile pour le Mondial…
La NBA est une association de franchises et d’intérêts économiques. Pour certains, libérer les joueurs pour les championnats du monde est une opportunité, car ils vont progresser. Pour d’autres, c’est l’inverse, car ils risquent la blessure ou la fatigue. Il faut essayer de rapprocher deux mondes différents, l’économique et le sportif. Il faut convaincre tous les continents, chacun à son rythme et avec ses moyens.


Les tribunes de Bercy pleines lors de la finale de la Coupe de France

Vous ne manquez pas d’idées…
Il faut être en mesure de réconcilier toutes les différentes pratiques à travers de nombreuses opérations de promotion. Des amateurs aux professionnels en passant par les enfants, les scolaires, les étudiants ou le handisport, tous les pratiquants doivent se sentir concernés. A titre d’exemple, la FFBB vient d’organiser, du 6 au 16 mai les 10 jours du basket à Paris. Une opération que nous avions dans l’idée de mettre sur pied depuis quelques temps déjà. L’organisation du Final Four de l’Euroleague à Bercy nous a offert la possibilité de nous lancer. Pendant 10 jours, tous les amoureux du basket, licenciés ou pas, ont pu pratiquer notre sport dans des conditions très variées. Des centaines d’enfants ont ainsi pu jouer sur le parvis de l’Hôtel de Ville et devant les mairies de plusieurs arrondissements. Les joueurs et joueuses de la Fédération Française du Sport Universitaire ont disputé leurs finales sur le parquet de Bercy. La FFBB, en collaboration avec l’Administration Pénitentiaire a permis à des détenus de quitter l’univers carcéral l’espace d’une journée pour disputer un tournoi au POPB. Et en marge de ces actions vers la base, les meilleurs joueurs européens lors du Final Four et les meilleures équipes françaises lors de la Coupe de France ont attiré 15.000 spectateurs à chaque rencontre. Nous devons répéter ce genre d’opération dans le monde entier et trouver un concept global pour que le basket ait plus de visibilité…

Une tâche planétaire…
En Europe, nous avons une situation privilégiée. En France également. Je vais vous raconter une anecdote pour finir. J’étais, dans le passé, arbitre international, et je me suis rendu au Congo (qui s’appelait alors le Zaïre) pour former de jeunes arbitres. Nous sommes arrivés sur place… il n’y avait rien, pas de terrain, pas de cercle. Nous avons bricolé pour mettre en place une aire de jeu. On nous avait annoncé 13 candidats, il n’y en avait que cinq le premier jour, six le deuxième. Au final, le bouche à oreilles a fonctionné et ils ont été 29 à passer les examens. Le dernier jour, deux arbitres du Gabon sont arrivés. Ils n’avaient pas suivi notre formation, mais nous les avons autorisés à passer l’examen : ils ont été les deux meilleurs de la promotion ! Cela relativise ce que l’on peut penser de l’extérieur. Il faut comprendre que l’on ne peut pas appliquer les mêmes idées partout, il faut prendre cela en compte si l’on veut réussir. Il faut respecter chaque culture, sinon, rien ne passe. C’est toute une philosophie…

Charte ethique et de deontologie
Consultez et téléchargez la Charte d'éthique et de déontologie du sport français



 

 

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