Youna Dufournet, la perle de la gymnastique française
Youna Dufournet, 16 ans (elle est née le 19 octobre 1993 à Saumur) est aujourd’hui la n°1 de la gymnastique artistique féminine française et le plus grand espoir pour les Jeux Olympiques de Londres 2012.

En 2009, année de son entrée chez les Seniors, elle a commencé par réaliser un véritable festival aux Jeux Méditerranéens de Pescara (cinq médailles dont quatre en or) en juillet, avant de toucher du bronze au saut de cheval, lors des Mondiaux de Londres, sur le site des Jeux (la O2 Arena) en octobre. Elle a poursuivi cette année sur sa lancée en remportant l’argent sur le même agrès, début mai aux championnats d’Europe de Birmingham.
Youna revient toutefois de Grande-Bretagne avec un sentiment de frustration. « Je me suis plantée lors des qualifications. Deux chutes, cela m’a pénalisée pour les finales car que n’ai pu défendre mes chances que sur deux agrès : le saut et les barres asymétriques. Je voulais concourir sur les quatre ! Ma force, c’est la polyvalence. Je visais donc beaucoup mieux que ce résultat ».

Aux barres, son mouvement aurait dû lui valoir un autre podium, mais à la réception son « Def » - la figure qui permit à Emilie Le Pennec de devenir championne Olympique à Athènes en 2004 -, l’entraîneur national Eric Demay la touche du bras. Cette touche lui vaut 0,5 points de pénalité et la relègue à la 6e place.
Force de caractère et capacité de travail hors norme
A Avoine (Indre-et-Loire), chez elle, où elle s’entraîne avec Marc et Gina Chirilenco à raison de 5h1/2 par après-midi, Youna Dufournet revient sur l’année écoulée. « A Pescara, il n’y avait pas une grosse concurrence, juste les Italiennes, les Espagnoles, les Grecques… Mais j’ai réalisé mes ambitions, ce fut une énorme satisfaction après toutes ces années de travail, une récompense, et le plein de confiance pour la suite. Les Mondiaux, c’était très impressionnant. Cette salle, tout ce public. Entrer en finale était pour moi inespéré, alors, repartir médaillée…. ! ».

Marc Chirilenco détaille les principales qualités de la jeune gymnaste qu’il entraîne à Avoine depuis qu’elle est âgée de huit ans : « Une force de caractère et une capacité de travail hors norme, ce qui lui a toujours permis d’être devant, à chaque étape de son parcours. Youna n’a pas de qualités naturelles de base, mais elle sait rassembler la coordination, la force, la puissance, les additionner pour réaliser des figures complexes. Autant de polyvalence, c’est rare dans le monde, et encore plus en France ».
Chercher l'originalité

L’école le matin (elle est en classe de 1ère), l’entraînement tous les après-midi ; « c’est un peu lourd, mais on s’habitue. Et cela vaut le coup ! » dit Youna Dufournet, qui ajoute : « Je ne pense pas à la suite de ma carrière, je ne me projette pas dans l’avenir, je ne pense pas à être la leader de l’équipe de France, je travaille pour être la meilleure face aux Russes et aux Ukrainiennes, pour faire le moins de fautes possibles et impressionner les juges. Je travaille les quatre agrès, toujours plus, en cherchant l’originalité ». Londres dans deux ans ? « Avant cela, il y aura des championnats d’Europe, du monde, mais bien sûr, cela reste l’objectif principal, la concrétisation possible d’une carrière ».
« Notre plan de travail mène à Londres et au-delà » confirme Marc Chirilenco, « Nous évoluons et nous grandissons ensemble en nous disant que tout est possible, afin que les barrières tombent, une à une. Nous nous adaptons à sa psychologie, à sa morphologie qui évolue. Youna a besoin de confrontations à très haut niveau, c’est pourquoi, après un stage en Chine en mars, nous voulons aller aux Etats-Unis cet été. Youna est une superbe compétitrice, elle se nourrit de ça ».
La France possède une jeune gymnaste généraliste de grand talent, les prochaines échéances planétaires le démontreront sûrement !





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